Fixer son taux journalier moyen est l’une des décisions les plus structurantes pour un freelance en portage salarial. Trop bas, il fragilise la rentabilité de l’activité. Trop élevé sans justification, il peut freiner la signature de missions. Le calcul du TJM obéit pourtant à une logique claire, à condition de ne pas confondre chiffre d’affaires et salaire net.
Partir de son objectif de revenu pour remonter au bon tarif
La méthode la plus fiable consiste à travailler à rebours : définir le revenu net mensuel souhaité, puis intégrer l’ensemble des prélèvements obligatoires pour déterminer le chiffre d’affaires à générer. En portage salarial, le net représente en moyenne 48 à 55 % du chiffre d’affaires HT facturé. Autrement dit, pour viser 4 500 € nets par mois, il faut facturer aux alentours de 500 €/jour, en supposant 18 jours de travail facturables.
Ce nombre de jours est lui-même un paramètre critique. Entre la prospection, la formation et la gestion administrative, un indépendant ne facture réellement que 180 à 220 jours par an, pas plus. Ignorer cela conduit systématiquement à sous-estimer son TJM. Pour aller plus loin dans la méthode, un calcul tjm portage détaillé permet de simuler différents scénarios selon ses charges et son profil.
Il faut aussi intégrer les frais de gestion de la société de portage, qui varient généralement entre 5 et 15 % du chiffre d’affaires. Un taux de 8 % sur un besoin brut de 8 000 € oblige à facturer environ 8 700 € pour maintenir l’équilibre. Ce poste est souvent sous-estimé au moment de fixer son tarif initial.
Ce que la réglementation impose comme plancher
Le portage salarial n’est pas un cadre totalement libre. La convention collective nationale (CCN IDCC 3219) fixe un TJM minimum légal de 250 €/jour HT. En pratique, le salaire brut minimum mensuel garanti s’élève à 2 966,25 € en 2026, calculé sur la base de 75 % du Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale (PMSS fixé à 3 955 € cette année), ce qui correspond à un TJM effectif de 290 à 320 € selon la situation. Les profils juniors (moins de 3 ans d’expérience) bénéficient d’un seuil à 70 % du PMSS, soit environ 2 700 € bruts mensuels.
Ces minima ne constituent évidemment pas une cible, mais un filet de sécurité. Dans la réalité du marché, les tarifs pratiqués s’en éloignent considérablement, surtout dans les métiers techniques. Un consultant IT confirmé (5 à 10 ans d’expérience) facture en moyenne 462 €/jour, contre 268 € pour un junior et 643 € pour un senior de plus de 11 ans. L’expérience reste le premier levier de négociation tarifaire.
Domaine d’expertise et localisation : les deux autres variables
Le secteur d’activité pèse lourd dans l’équation. L’ingénierie générale affiche les TJM les plus élevés (autour de 730 €/j en moyenne), devant la gestion de projet et l’agilité (698 €/j) et les expertises IT et logicielles (629 €/j). À l’opposé, le génie civil plafonne à 170 €/j en moyenne, ce qui souligne l’importance de connaître les benchmarks de son propre marché avant de se positionner.
Quant à la localisation, l’écart entre l’Île-de-France (613 €/j en moyenne) et la province (582 €/j) reste modéré, à peine 5 %. Les grandes métropoles régionales comme Lyon, Toulouse ou Nantes tirent les tarifs vers le haut grâce à des marchés locaux dynamiques. Enfin, les missions internationales affichent paradoxalement un TJM moyen plus bas (459 €/j), probablement du fait d’une concurrence géographique plus large.
