Portage salarial ou création de société : quelle option pour optimiser sa rémunération d’indépendant ?

Portage salarial ou création de société : quelle option pour optimiser sa rémunération d'indépendant ?

Créer une SARL, ouvrir une SAS ou opter pour le portage salarial : quand on se lance en indépendant ou qu’on envisage de quitter le salariat, le choix du statut détermine directement ce qu’on touchera à la fin du mois. Les charges sociales, la protection, la complexité administrative, tout pèse dans la balance. Un tour d’horizon pour y voir plus clair.

Des charges sociales très différentes selon le statut

Le gérant majoritaire d’une SARL (statut TNS) supporte environ 45 % de charges sociales sur son revenu net. C’est nettement moins que le président de SAS, dit assimilé salarié, dont le régime général implique un coût total d’environ 75 à 80 % de la rémunération nette versée. Pour illustrer concrètement : si une gérante d’EURL souhaite percevoir 40 000 € nets par an, l’entreprise devra débourser environ 58 000 €. Le même net en assimilé salarié en coûterait environ 72 000 €, soit 14 000 € de plus.

C’est précisément là que la question du portage salarial entre en jeu comme alternative sérieuse : ce statut adossé au régime général offre une protection comparable à celle de l’assimilé salarié, mais sans créer de société. La société de portage facture le client, encaisse les honoraires et reverse un salaire après déduction des charges et de ses frais de gestion, qui oscillent entre 5 et 12 % du chiffre d’affaires. 

Ce que le portage apporte que les statuts classiques n’offrent pas

Le portage salarial repose sur une relation tripartite encadrée par le Code du travail depuis 2008, puis sécurisée par une ordonnance en 2015 et une convention collective de branche en 2017. Le consultant signe un CDI ou un CDD avec la société de portage : il bénéficie ainsi de bulletins de salaire, d’une couverture retraite complémentaire Agirc-Arrco et, surtout, d’un accès aux allocations chômage (ARE), ce que ni le gérant TNS ni le président de SAS ne peuvent revendiquer.

Ce droit au chômage, souvent négligé dans les comparaisons, change radicalement l’équation en cas de creux d’activité. À cela s’ajoute la possibilité de cumuler l’ARE avec des revenus issus de missions portées. Les bulletins de salaire facilitent également l’accès au crédit immobilier, un avantage concret pour les indépendants qui peinent parfois à convaincre les banques. En 2022, 83 % des salariés portés étaient cadres ou professions intellectuelles supérieures, avec une rémunération brute horaire moyenne de 38,4 euros, soit une hausse de 12 % sur un an.

À qui s’adresse vraiment le portage salarial ?

Le portage est réservé aux prestations intellectuelles. Il exige au minimum un niveau bac +2 ou trois ans d’expérience dans le secteur visé. Le consultant doit trouver ses clients et négocier ses tarifs seul : la société de portage gère l’administratif, pas la prospection. En 2022, le secteur comptait environ 200 000 personnes portées et 518 entreprises de portage actives, contre 225 en 2015.

Pour un cadre en transition, un consultant IT ou un expert en management de transition, le portage offre un cadre lisible sans les contraintes de la gestion d’une structure juridique. La question n’est pas de savoir si ce statut est universellement supérieur, mais s’il correspond au profil, au volume d’activité et aux priorités de protection sociale de chacun. Un calcul personnalisé reste indispensable avant de trancher.